Contribution au Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) du Syndicat de la Moselle
Je salue la démarche engagée dans le cadre du Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI), qui vise à renforcer la connaissance du risque, la protection des populations et l’adaptation du territoire face aux inondations.
À ce titre, il me semble important de veiller à la bonne articulation entre les études et actions conduites dans le cadre du PAPI et les documents de planification et de prévention existants, notamment le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) et le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUi). Les diagnostics réalisés dans le cadre du PAPI constituent un apport précieux à la connaissance du territoire ; ils gagneraient à être intégrés dans le respect des équilibres déjà établis en matière de prévention du risque.
Je souhaite également souligner l’importance particulière de l’Île Saint-Symphorien, secteur historiquement exposé aux phénomènes de crue. La préservation des espaces ouverts et non bâtis y présente plusieurs intérêts complémentaires : elle contribue au bon fonctionnement naturel des zones inondables, favorise l’absorption et l’expansion des crues lors des épisodes de forte montée des eaux, et participe à la qualité environnementale du territoire.
Ces espaces constituent en outre des zones de fraîcheur appréciables à proximité immédiate de Metz et de son agglomération. Dans un contexte d’évolution climatique, leur maintien représente un atout pour la résilience du territoire et le bien-être des habitants.
Par ailleurs, dans le cadre des réflexions menées sur la gestion des eaux pluviales et la prévention
des inondations, il pourrait être utile de porter une attention particulière aux risques de remontée des eaux de la Moselle par les réseaux d’évacuation des eaux pluviales lors des épisodes de crue ou de débordement de la rivière.
À cet égard, il existe, au nord de l’Île Saint-Symphorien, dans le bras de la Moselle menant au plan d’eau, à environ 150 mètres en aval du restaurant Les Deux Rives, une buse d’évacuation des eaux pluviales qui semble ne pas être équipée d’un dispositif anti-retour destiné à empêcher les remontées d’eau vers les secteurs habités de l’île. Sans préjuger de la situation réelle de cet ouvrage, il pourrait être opportun de vérifier, dans le cadre des études et diagnostics du PAPI, le niveau de protection offert par les équipements existants.
Plus généralement, une vérification de la présence et du bon fonctionnement des clapets anti-retour sur les réseaux publics d’eaux pluviales pourrait contribuer à réduire la vulnérabilité des secteurs exposés. Lors de futurs travaux de rénovation ou de modernisation des réseaux, il pourrait également être utile de sensibiliser les propriétaires concernés à l’intérêt de tels dispositifs lorsqu’ils sont techniquement adaptés aux raccordements privés.
Enfin, il paraît essentiel de poursuivre les efforts d’entretien, de surveillance et d’amélioration des ouvrages de protection existants, notamment les digues, afin de garantir leur efficacité dans la durée et de maintenir un niveau de protection adapté aux enjeux du territoire.
Ainsi, le PAPI peut contribuer à renforcer la sécurité des habitants tout en préservant les fonctions naturelles et environnementales qui participent à l’équilibre de la vallée de la Moselle.
Anna GERACI